Depuis le milieu des années 80, une toile de Gauguin ornait le salon d’un antiquaire de Manhattan. L’homme avait acheté la peinture représentant des fleurs d’été dans un pot en fer parce qu’il la trouvait belle, et il avait décidé de l’accrocher sur son mur pour pouvoir l’admirer tous les jours. Pendant trente ans, il a ignoré qu’il avait en sa possession une œuvre rare de Paul Gauguin, dont la valeur est aujourd’hui estimée autour d’un million de dollars.

Récemment, il l’a déposée à la maison de ventes aux enchères de Litchfield. C’est à ce moment que la toile a été associée pour la première fois au nom de Paul Gauguin. Les spécialistes ont reconnu une œuvre méconnue de l’artiste, Fleurs d’été dans un gobelet, qui figure dans le catalogue raisonné édité par l’Institut Wildenstein en 2001, et dont la trace avait été perdue depuis de nombreuses années. Citée par The Art Newspaper, la spécialiste de Gauguin Sylvie Crussard a confirmé que l’œuvre était bien la toile perdue. Selon le catalogue raisonné, elle aurait été peinte vers 1885.

Jusqu’ici, la nature morte n’était connue que par le biais d’une photographie en noir et blanc, prise dans les années 40 à New York, accompagnée d’une fiche indiquant qu’il est monogrammé et qu’il représente outre les pavots et coquelicots bien visibles, bleuets et lupins. Selon Martine Heudron, spécialiste de Gauguin « L’œuvre à présent révélée pourrait faire l’objet de recherches nouvelles pour confirmer l’identification des fleurs et leur période de floraison en fonction du climat, selon qu’elles aient été peintes au Danemark ou en France. Gauguin avait en effet rejoint sa femme danoise à Copenhague de novembre 1884 à juin 1885 avant de séjourner à Dieppe pendant trois mois. »

Le catalogue raisonné précise par ailleurs que ta toile aurait été vendue par la femme de Gauguin en 1907 au marchand Ambroise Vollard. The Art Newspaper affirme qu’il aurait ensuite été acquis par un collectionneur parisien puis par le new-yorkais Gilbert S.Kahn en 1950, avant d’être acheté par son propriétaire actuel. Une étiquette de Sotheby’s collée à l’arrière de la toile a d’abord fait croire à une œuvre de Paul Signac. Le monogramme « PG » a ensuite été découvert sur la toile par le directeur de la maison de ventes au enchères de Litchfield, confirmant l’identité de l’artiste.

Fleurs d’été dans un gobelet va être proposée aux enchères au Litchfield County Auctions le 29 juin prochain. Elle sera visible quelques jours avant dans la galerie de la maison de ventes aux enchères dans le Connecticut. L’occasion de découvrir cette œuvre miraculeusement retrouvée.

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