Sotheby’s continue de renforcer ses équipes. Après Mei Moses Art Indices (Voir Sotheby’s achète l’indice Mei Moses Art Indices), la maison de ventes aux enchères a annoncé avoir acquis l’entreprise Orion Analytical, qui s’occupe de détecter des faux grâce à un arsenal de moyens techniques.

Le scientifique James Martin, qui a mené plus de 1800 enquêtes pour le compte d’Orion, sera à la tête d’un nouveau département de recherche chez Sotheby’s. Ce dernier a notamment aidé le FBI sur de nombreuses affaires de faussaires, travaillant main dans la main avec des musées et des conservateurs du monde entier. Il a aussi enseigné au Smithsonian’s Museum Conservation Institute, au Getty Conservation Institute et au département de recherche du FBI.

“Cela fait près de vingt ans que nous travaillons avec James, a expliqué Tad Smith dans un communiqué de presse. Au fur et à mesure, nous nous sommes rendus compte que nous devrions créer quelque chose d’unique au sein de Sotheby’s qui nous distinguerait des autres dans le marché de l’art et qui permettrait de rendre le milieu plus sûr.”

La question est particulièrement d’actualité, alors que les affaires de faux s’enchaînent. En annonçant l’embauche de James Martin, Sotheby’s mentionne notamment les inquiétudes qui ont suivi l’affaire de la galerie Knoedler, qui a vendu quarante faux de Pollock, Rothko ou de Kooning entre 1994 et 2008. Des toiles imitées par un seul homme, le peintre chinois Pei-Shen Qian, et vieillies à l’aide de sachets de thé dans un atelier du Queens. “Knoedler a vendu ces copies pendant 15 ans, mais il n’a fallu que quelques jours à James Martin pour déterminer que l’une des toiles de Robert Motherwell était fausse” explique Sotheby’s dans sa présentation d’Orion Analytical. L’analyse a notamment permis de constater que l’un des pigments utilisés n’avait pas encore été développé à la date de signature de l’œuvre.

Une autre affaire a récemment concerné plus directement Sotheby’s. Il s’agit du Portrait d’homme, supposément signé Frans Hals, qui a coûté cher à la maison de ventes aux enchères. La toile avait été vendue par son intermédiaire en 2011 pour plus de 10 millions de dollars. Mais après la découverte d’une fausse Venus de Cranach en France en mars dernier, la toile de Hals a été renvoyée au laboratoire pour une nouvelle expertise. Orion Analytics a alors affirmé qu’il s’agissait d’un faux, et Sotheby’s a dû rembourser l’intégralité de la somme payée par son client.

La maison de ventes aux enchères a donc décidé de mettre toutes les chances de son côté en profitant des technologies de pointe d’Orion Analytical. Elle espère ainsi éviter d’être au cœur de ce genre d’affaires, qui se multiplient sur le marché.

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