C’est l’une des affaires de vol les plus célèbres de la décennie. En 2010, cinq toiles disparaissent du Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Et pas des moindres puisqu’il s’agit d’œuvres signées de la main de Picasso, Matisse, Braque, Modigliani et Léger, cinq des figures majeures de l’art moderne. En tout, le butin était estimé à 100 millions d’euros. Un prix évalué à l’époque que l’on imagine bien en dessous de la réalité, quand on connaît la cote actuelle de ces artistes.

Depuis, les œuvres restent introuvables. Elles ne sont jamais réapparues sur le marché ou dans des entrepôts. Malgré les recherches des enquêteurs, le mystère est resté total. La seule chose que l’on connaît, c’est l’identité du voleur, un homme d’une quarantaine d’années prénommé Vréjan Tomic et coutumier de ce genre de vols spectaculaires. Le procès de ce dernier a débuté à Paris ce lundi. Deux receleurs, Jean-Michel Corvez et Yonathan Birn, accusés d’avoir pris en charge les œuvres après le vol, sont aussi sur le banc des accusés.

Selon la version du voleur, surnommé “l’homme-araignée”, il a agit pour le compte d’un homme désirant mettre la main sur une toile de Fernand Léger, la Nature morte au chandelier, exposée au Musée d’art Moderne de la ville de Paris. Tomic est un habitué des cambriolages risqués : il a déjà escaladé sept étages d’un immeuble parisien pour subtiliser des bijoux et des toiles de maître. Il accepte la commande et passe à l’action avenue du Président Wilson dans le 16ème arrondissement dans la nuit du 20 mai 2010, après avoir démonté la fenêtre de l’une des salles abritant les collections permanentes.

Des failles dans la sécurité des musées parisiens

L’homme dérobe, selon ses plans, la toile de Fernand Léger. Voyant que le silence n’est brisé par aucune alarme assourdissante, il décide de s’emparer de quatre autres chefs d’œuvres accrochés dans d’autres salles : Le Pigeon aux petits pois de Picasso, L’Olivier près de l’Estaque de Braque, La Femme à l’éventail de Modigliani et La Pastorale d’Henri Matisse. Cet amateur d’art admet avoir choisi ce butin selon ses goûts personnels. À 4h30 du matin, il quitte les lieux. Il faudra encore plus d’une heure avant que les veilleurs de nuit constatent le vol. En mai 2011, Vréjan Tomic est arrêté. L’affaire cause un immense scandale et souligne les importantes failles dans la sécurité des musées parisiens.

Depuis, les toiles restent introuvables. Tomic les auraient transmises à Jean-Michel Corvez dans un parking au lendemain du méfait. Ce dernier aurait alors donné 40 000 euros au voleur pour le Fernand Léger. Yonathan Birn, un marchand spécialisé dans les montres de luxe, aurait quant à lui accepté de donner 80 000 euros à Corvez pour la toile de Modigliani, déposée dans le coffre d’une banque et de cacher les autres. Selon son témoignage, il aurait ensuite été pris de panique devant l’ampleur de l’affaire, les perquisitions et l’impossibilité de vendre le butin, et aurait jeté les cinq œuvres dans une poubelle. Une version qui est loin de convaincre les enquêteurs, qui pensent plutôt qu’elles auraient pu être sorties du pays. Tomic et Corvet ont eux aussi exprimé leurs doutes quant au témoignage de leur complice. Les receleurs risquent 10 ans d’incarcération. Vréjan Tomic pourrait, quant à lui, écoper de 20 ans de prison.

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