Depuis plusieurs mois, tous les regards sont tournés vers le marché asiatique. Sotheby’s mise notamment de plus en plus sur ses ventes à Hong Kong. Depuis novembre dernier, il n’est pas rare d’y croiser des grands noms de l’art américain ou européen, destinés à attiser la curiosité des collectionneurs. C’est ainsi que la maison de ventes aux enchères américaine y a vendu début avril un Mao d’Andy Warhol pour 11,9 millions de dollars. Un record pour une œuvre occidentale vendue en Asie. Sotheby’s n’a pas dévoilé le nom de l’acheteur.

Pour Patti Wong, présidente de Sotheby’s Asie, on peut voir dans les résultats de cette récente vente d’art contemporain l’affirmation du rôle majeur d’Hong Kong sur le marché mondial. Malgré tout, le portrait sérigraphié n’a pas atteint son estimation basse, fixée par Sotheby’s autour de 14 millions de dollars. Loin du communiqué de presse enthousiaste de la maison de ventes aux enchères, le South China Morning Post estime ainsi que cette vente traduit plutôt une certaine frilosité des collectionneurs asiatiques, qui ne s’intéressent pas autant que l’on aimerait le penser à l’art occidental. Pour l’affirmer, le journal s’appuie aussi sur les sommes décevantes atteintes lors de la vente par une autre toile de Warhol et sur une œuvre de Keith Haring qui n’a pas trouvé preneur. La soirée a tout de même réuni 73,6 millions de dollars (pour une estimation basse de 60 millions de dollars) et la maison de vente aux enchères a vendu 90% des lots.

Quoi qu’il en soit, cette vente d’un des Mao à Hong Kong reste historique. Il y a tout juste quatre ans, une dizaine de toiles de la série avaient dû être retirées d’une exposition consacrée à Andy Warhol à Shanghai et Pékin pour éviter les polémiques.

Dans son livre Holy Terror, Bob Colacello raconte la genèse de ces œuvres. Nous sommes en 1972 et le marchand Bruno Bischofberger essaie désespérement de convaincre la star du pop art, qui a abandonné le médium depuis huit ans, de se remettre à la peinture. Pour lui donner une impulsion, il lui suggère de peindre la figure la plus importante du XXème siècle, lui soufflant le nom d’Einstein. Warhol accepte. Fidèle à l’esprit de son œuvre, il décide de ne pas représenter la personnalité la plus importante du XXème siècle, mais la plus célèbre. C’est ainsi qu’il reprend ses pinceaux pour réaliser sa série consacrée à Mao Zedong.

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