L’artiste dissident russe Piotr Pavlenski a conquis la une des journaux partout dans le monde ainsi que la sympathie, lorsqu’il a cloué son scrotum au Red Square en novembre 2013 « comme métaphore de l’apathie, de l’indifférence envers la politique et du fatalisme de la société russe contemporaine ». Et ce n’est que l’une de ses automutilations : il s’est cousu les lèvres pour protester contre les condamnations prononcées à l’encontre des Pussy Riot, s’est enveloppé dans du fil de fer barbelé devant un bâtiment du gouvernement russe et s’est coupé le lobe de l’oreille. Il est vraisemblable que ses représentations politiques se terminent en général à l’hôpital du coin.

Mais cette fois-ci, ce fut dans un poste de police à Paris. Lundi 16 octobre à la première heure, Pavlenski met le feu aux fenêtres d’une succursale de la Banque de France pour attirer l’attention sur « les banquiers (qui) ont pris la place des monarques », précise-t-il dans sa déclaration, en invoquant « la grande Révolution française ».

S’il était inculpé par la police, Pavlenski pourrait être transféré en Russie, ce qu’il veut certainement éviter à tout prix, puisqu’il a fui le pays via l’Ukraine en janvier dernier, afin d’éviter les poursuites pour agression sexuelle avec sa partenaire Oksana Shalygina. Motivées par une rencontre sexuelle du couple avec une actrice à Moscou, laquelle était consentie, prétendent-ils, et décrite comme un coup monté par l’État russe afin de le faire condamner.

La France lui ayant offert l’asile, il risque gros maintenant par son acte contre la Banque de France. Mais ce n’est pas un geste isolé : en 2015 à Moscou, il a mis le feu à l’entrée principale du FSB, successeur du KGB. Il aime vraiment jouer avec le feu !…

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