Au lendemain des ventes londoniennes, Sotheby’s, Christie’s et ses rivales s’apprêtent à tirer un premier bilan de l’année 2016. Une chose est sûre, il n’est guère reluisant. Toutes les maisons de ventes aux enchères ont enregistré de fortes baisses dans tous les domaines : impressionnistes, modernes et contemporains.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Blouin ArtInfo note qu’en juin, le bilan des ventes du soir a baissé de 33% par rapport à 2015. Soit une chute de 46% pour la catégorie impressionniste et moderne, et de 51% pour les œuvres contemporaines. La vente contemporaine de Christie’s a par exemple rapporté 49 millions de livres sterling cette année, contre 95,6 millions l’année dernière. En mai, le bilan était le même à New York. Au lendemain de la vente impressionniste et moderne de Sotheby’s, nous notions une chute du taux de vente de 66% (Voir L’enthousiasme de 2015 est loin pour les ventes impressionnistes de Sotheby’s et Christie’s). Cette crise ne touche pas seulement les ventes de New York et Londres puisque le Journal des Arts note une baisse de 25% des ventes par rapport à 2015 pour le secteur français. Le chiffre d’affaire des dix principales maisons de ventes aux enchères de l’hexagone a baissé de 4% lors de ces six derniers mois.

Le nombre d’œuvres proposées pendant les prestigieuses soirées de Londres ou New York a lui aussi baissé. Les toiles les plus prisées et évaluées à plus de 10 millions de dollars se sont faites de plus en plus rares. À Londres, on a attribué cette frilosité à la peur du Brexit. Pourtant, les spécialistes dressaient déjà ce même constat en février et en mai. L’année dernière, les ventes avaient été marquées par des records historique : le Nu Couché de Modigliani ou les Femmes d’Alger (version O) de Picasso.

Les ventes de gré à gré gagnent du terrain

Dans son analyse pour Blouin ArtInfo, Meghana Reddy note qu’il est de plus en plus difficile pour les maisons de vente aux enchères d’obtenir les plus belles œuvres du marché. De plus en plus souvent, les collectionneurs préfèrent la discretion des ventes de gré à gré. Dans les pages du Journal des Arts, l’art advisor Stephane C.Connery note aussi que la disparition des garanties a joué un rôle dans la désertion des salles de vente. “Les garanties étaient la colonne vertébrale du marché, et le faussaient totalement, explique-t-il. Maintenant qu’elles ont disparu, il y a une difficulté à proposer de bonnes ventes.”

L’une des ventes historiques récente ne s’est d’ailleurs pas conclue par le biais d’une grande vente aux enchères. Ken Griffin, le gérant du fonds d’investissement Citadel a acheté Interchange de Willem de Kooning et Number 17A de Jackson Pollock à la fondation David Geffen pour la somme historique de 500 millions de dollars. Une transaction qui est immédiatement rentrée dans les annales et qui s’est pourtant déroulée dans le cadre d’une vente de gré à gré. L’avenir du marché de l’art ?

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