Chaque année à Paris au mois de mars, Paris rassemble les collectionneurs de dessin autour d’une poignée de temps forts. Il y a Drawing Now au Carreau du Temple, qui concentre le gratin du dessin contemporain; DDessin à l’Atelier Richelieu, qui fait la part belle aux artistes émergents; et surtout le Salon du Dessin qui accueille, au cœur du Palais Brongniart, une quarantaine de galeries triées sur le volet.

Depuis le début des années 90, cet événement est devenu le rendez-vous majeur des collectionneurs de dessin venus du monde entier. Un vrai voyage dans le temps où l’on croise aussi bien des encres de Dubuffet que des dessins préparatoires de Delacroix ou une œuvre inédite d’Ingres. Cette année, on y découvrira aussi pour la première fois des artistes contemporains chinois (présentés par la Galerie Hadrien de Montferrand) ainsi qu’une exposition de quarante acquisitions récentes de l’association Le Cabinet des amateurs de dessins de l’École des Beaux-Arts.

À la veille de l’événement parisien, son président Louis de Bayser est revenu pour nous sur les grandes lignes de ce rendez-vous de passionnés, qui gagne en qualité chaque année.

NEWS OF THE ART WORLD – Pour sa 26ème édition, le Salon du Dessin introduit pour la première fois une galerie présentant des dessins contemporains chinois. Cela participe d’une volonté de se diversifier ?

Louis de Bayser – La présence de la galerie Hadrien de Montferrand, qui va présenter des artistes chinois, représente en effet une ouverture sur un nouveau marché et de nouveaux artistes. Jusqu’à présent, les galeries présentes au salon montraient surtout des artistes occidentaux. Nous voulions rendre hommage à la forte sensibilité pour le dessin qui existe en Chine.

Nous sommes toujours ouverts aux suggestions lors de la sélection des galeries. Le seul impératif, c’est de garder un niveau de qualité au moins équivalent à celui de l’année précédente. Nous avons à cœur de rester fidèles à un esprit de diversité dans les époques et les sujets.

L’ouverture sur le dessin contemporain semble toujours plus importante au sein du salon…

Nous présentons des dessins modernes et contemporains depuis la première édition. La différence aujourd’hui c’est que les marchands de dessins anciens et traditionnels proposent eux aussi des artistes plus récents. Les dessins modernes et contemporains sont désormais présents sur un nombre important de stands.

Le Salon du Dessin met en avant une nouvelle génération de marchands. Le dessin est-il de plus en plus attractif ?

Ces 25 à 30 dernières années, le dessin a acquis un statut d’œuvre à part entière et un marché s’est mis en place autour de ce medium. On a vu arriver de nouveaux marchands, on a été témoins de la mise en place de ventes spécialisés…

Avant, le dessin avait tendance à être accolé au tableau ancien ou moderne. Désormais, le marché est autonome. On a donc des marchands qui peuvent aujourd’hui se lancer exclusivement dans ce domaine. Parmi les représentants de cette nouvelle génération de galeristes, on peut citer Mathieu Neouze ou Nathalie Motte, qui sont présents sur le salon.

Diriez-vous que le dessin est moins “cloisonné” et que les collectionneurs s’intéressent plus facilement à des époques très différentes ?

Oui, les collectionneurs passent aisément d’un dessin du XVIème siècle à un dessin du XXème. Ils accrocheront facilement côte à côte un portrait de Degas et une œuvre de la Renaissance. Le marché a une certaine facilité à opérer des mélanges.

Salon du dessin

Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867), Saint François d’Assise Crayon noir sur papier beige © Galerie de Bayser

On dit souvent que le marché du dessin est moins spéculatif. Vous êtes d’accord ?

Oui. On vend des dessins à des collectionneurs qui les gardent. Ils n’ont pas vocation à les revendre plus tard en pensant qu’ils vaudront plus cher. Ils les achètent parce que c’est leur passion. Bien sûr, certains prix augmentent, mais ce n’est pas dû à l’arrivée de nouveaux collectionneurs qui achètent des dessins dans le but de les revendre.

Les collectionneurs de dessin sont donc particulièrement passionnés ?

Ce n’est pas le support le plus facile à aborder, mais les personnes qui arrivent à monter des collections dans ce domaine sont en effet passionnées. Beaucoup sont des collectionneurs uniquement de dessin et n’achètent pas de peinture. Une fois qu’ils ont commencé, c’est très rare qu’ils arrêtent. L’un des avantages, c’est qu’ils peuvent continuer à en acheter sans avoir besoin de plus de place, il n’y a pas besoin d’un hangar !

On a beaucoup parlé de découvertes de dessins cette année. Vous amenez un dessin très rare d’Ingres, il y a eu le dessin de Leonard de Vinci trouvé chez Tajan… C’est un facteur important pour les galeristes et les collectionneurs ?

La découverte, c’est ce qui fait vibrer les passionnés ! Cette trouvaille de l’œuvre de Léonard de Vinci, c’est le genre de choses auxquelles on rêve, on l’a toujours dans un coin de nos têtes. On vit pour cela : trouver des dessins inconnus, inédits, connus mais disparus, dont on connaît la composition finale mais pas l’esquisse préparatoire… C’est notre moteur !

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