Au mois de janvier, la Gemäldegalerie à Berlin devait organiser une exposition rassemblant des prêts du Musée d’art contemporain de Téhéran. On devait y découvrir des œuvres de Jackson Pollock, Pablo Picasso, Andy Warhol, Joan Miro ou Francis Bacon aux côtés d’une trentaine de toiles d’artistes iraniens.

Le président de la Fondation des biens culturels de Prusse, Herman Parzinger, a annoncé cette semaine que l’exposition serait suspendue. En cause ? Les autorisations de sortie des œuvres n’ont toujours pas été délivrées par les autorités iraniennes. L’exposition avait déjà été reportée une première fois, faute d’avoir obtenu ce précieux sésame.

L’organisation de cet événement avait pourtant été saluée unanimement comme une preuve de l’ouverture d’un dialogue entre l’Iran et l’Occident, suite à l’accord sur le nucléaire passé en juillet 2015. Le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmer avait d’ailleurs salué ce “signe d’ouverture sociale et culturelle”. L’annonce de l’annulation de l’exposition a suscité une vague de déception outre-Rhin.

Et pour cause. C’est la première fois que cette prestigieuse collection devait quitter le sol iranien. Ce trésor d’une valeur inestimable a été assemblé dans les années 70 par le Musée d’art contemporain de Téhéran sous l’initiative de Farah Diba Pahlavi, femme du dernier chah d’Iran. Cette dernière avait alors acheté dans des galeries européennes et lors de ventes aux enchères plus de 1 500 œuvres pour remplir cette toute nouvelle institution. Depuis la révolution iranienne de 1979, cette collection attend au fond d’une réserve.

Dans une interview donnée en avril 2016 à The Art Newspaper, Farah Diba Pahlavi, qui vit désormais aux États-Unis, expliquait que le musée espérait utiliser “les bénéfices liés à la vente des billets [pour] entreprendre une rénovation du bâtiment et des œuvres de la collection.” On ignore en effet si les toiles du musée sont toujours au complet et dans quelles conditions elles ont été conservées. On sait juste qu’en 1994 Woman III de Willem de Kooning avait été échangée par le musée contre des pages du manuscrit du Livre des Rois. Le doute planera encore quelques temps sur l’état exact de la collection.

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