La troisième édition de la biennale de Kochi-Muziris a fermé ses portes à la fin du mois de mars, après trois mois d’expositions qui ont attiré plus de 600 000 visiteurs dans une douzaine de lieux. Les organisateurs de cet événement, imaginé pour être une “biennale par le peuple pour le peuple”, en ont profité pour annoncer le nom de celle qui succèdera à Sudarshan Shetty au poste de commissaire invité. Il s’agit de l’artiste indienne Anita Dube, qui aura un peu plus d’un an pour préparer cette quatrième édition.

Il est de plus en plus fréquent pour les biennales ou les expositions locales de donner cette responsabilité à un artiste. À la Biennale de Kochi-Muziris, c’est une tradition, honorée depuis la première édition qui a eu lieu 2012. “En trois éditions, cette biennale est devenue l’une des plus importantes au monde, a commenté Anita Dube dans un communiqué. C’est un honneur et un très grand défi de devenir sa commissaire. […] Je vois cela comme une opportunité de faire quelque chose de très spécial.”

Si sa biennale est à l’image de son travail, alors on peut s’attendre à une proposition particulièrement éclectique et politique. Anita Dube a commencé sa carrière comme critique après avoir suivi des études d’histoire de l’art. Dans les années 80, elle est affiliée au mouvement des Indian Radical Painters and Sculptors Association (l’association des peintres et sculpteurs indiens radicaux), mené par K.P. Krishnakumar. Dans leurs travaux, ces artistes s’insurgent contre la logique capitaliste du marché de l’art. Ils essaient de renouer le dialogue entre les œuvres qu’ils produisent, très politiques, et la population indienne.

Anita Dube a exploré de nombreux territoires artistiques depuis les années 80, s’intéressant tour à tour aux installations, à la photographie, à la sculpture, à la prose… Une curiosité qui sera l’un de ses atouts à la tête de la biennale indienne.

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