L’effervescence artistique qui avait gagné Londres ces derniers jours est retombée, alors que la « Frieze Week » s’achevait dimanche 9 octobre. La fin d’une semaine dense pour le monde de l’art, accompagnée de quelques coups de marteau significatifs. Car cette foire d’art contemporain – avec son pendant moderne du côté de la Frieze Masters – est aussi l’occasion de prendre le pouls du marché de l’art (Voir La Frieze ne craint pas le Brexit). Plusieurs maisons, parmi les plus grandes, s’étaient ainsi calées sur ce calendrier pour organiser quelques ventes d’envergure.

Gants blancs et ambiance survoltée chez Christie’s

C’est Christie’s qui a ouvert le bal mardi 4 octobre en dispersant les œuvres rassemblées par le collectionneur britannique Leslie Waddington, décédé l’an dernier. Une vente qui présentait ses goûts éclectiques, avec des tableaux de Dubuffet, des œuvres de Picabia ou des sculptures de Barry Flanagan. Et celle-ci fut un véritable triomphe pour la maison de vente, puisque le commissaire-priseur a enfilé ses gants blancs au moment du dernier lot. Preuve que la totalité des lots ont trouvé preneurs ! Au total, Christie’s a réuni 28,3 millions de livres (31,2 millions d’euros), pour un ensemble initialement estimé à 18,5 millions de livres.

Olga Korbut, de Lucy McKenzie (1998)

Olga Korbut, de Lucy McKenzie (1998), a été adjugée 317 000 livres sterling (362 000 euros) © Christie’s / Saatchi Gallery

Christie’s ne s’est pas arrêté en si bon chemin, proposant jeudi 6 octobre deux autres ventes, l’une dédiée à l’art contemporain international, l’autre à l’art italien. La première fut livrée dans une ambiance survoltée, comme le relate le Quotidien de l’art. Le premier lot était un portrait grandeur nature et éclaté de la gymnaste biélorusse Olga Korbut, en plein envol, réalisé par l’Écossaise Lucy Mckenzie. La toile a été adjugée 317 000 livres sterling (362 000 euros). Un véritable exploit pour cette artiste qui jusqu’ici n’avait jamais dépassé les 20.000 livres en ventes publiques. Autre moment marquant de la soirée, la vente du Nickelodeon du peintre roumain Adrian Ghenie. Une toile largement disputée et finalement vendue 7,1 millions de livres (8,1 millions d’euros), confirmant l’envolée de la cote de l’artiste depuis quelques années. Cette première partie de vente s’est achevée avec un résultat de 34,2 millions de livres (39,2 millions d’euros).

La vente d’art italien n’a cependant pas bénéficié de l’aura de la première. Après avoir récolté 43,1 millions de livres (58 millions d’euros) l’an passé, elle n’a réuni cette fois que 18,7 millions de livres (20,7 millions d’euros). Au final, un lot sur quatre n’a pas trouvé preneur. Un résultat que la responsable des ventes explique par “l’absence volontaire de poids lourds de l’après-guerre” et le choix de “mettre l’accent sur des artistes contemporaines et moins connus en-dehors de l’Italie”. De nouveaux records ont pourtant été battus, comme pour Pino Pascali avec sa Queue de dauphin, partie à 2,6 millions de livres (3 millions d’euros) ou pour Carol Rama avec Presagi di Birnam, vendu 179 000 livres (204 000 euros).

Résultat en demi-teinte pour Phillips

De son côté, Phillips avait tout misé sur le mercredi 5 octobre. Une vente dont le résultat s’est pourtant révélé décevant. Il y a bien eu ce beau prix accordé au Rat Catcher of Hamelin III par Mark Bradford, l’artiste qui représentera les États-Unis lors de la prochaine Biennale de Venise. Un tableau parti à 3,73 millions de livres (4,22 millions d’euros), dépassant le précédent record du peintre établi l’an dernier. Mais difficile de s’accorder sur ce succès : 40% des 28 lots présentés ont finalement été vendus en-dessous des estimations basses. Quatre autres œuvres sont quant à elle restées invendues, alors qu’elles sont signées Ugo Rondidone, Keith Haring, Sterling Ruby et Andy Warhol. Un Warhol a tout de même tenu la barre de justesse, le 20 Pink Mao’s, adjugé 4,1 millions de livres (4,64 millions d’euros) contre une estimation de 4 à 6 millions de livres (4,52 à 6,78 millions d’euros).

"Hannibal" de Basquiat

“Hannibal” de Basquiat, s’est vendu à 10,5 millions de livres (11,7 millions d’euros) © Sotheby’s

Plus beau score établi par Sotheby’s

Sotheby’s a finalement clôturé les ventes vendredi 7 octobre, dépassant les exploits des deux autres maisons, en cumulant 71,2 millions de livres (79 millions d’euros) pour ses ventes. Si la plupart des lots ont trouvé acquéreur, beaucoup ont cependant peiné à atteindre leur estimation basse, qui n’était sans doute pas assez basse pour les acheteurs. Surtout du côté des artistes italiens contemporains, auxquels la première partie de la vente était consacrée. Un résultat qui confirme donc celui de la vente chez Christie’s la veille. Forager for Plakton, de Scarpitta, a tout de même établi un beau record à 2,1 millions de livres (2,4 millions d’euros).

La seconde partie de la soirée s’est révélée plus réjouissante avec un record établi dès le lot 1, une toile de Michael Krebber, partie pour 191.000 livres (211.000 euros). Les offres ont également fusées lors de la présentation du Hannibal de Basquiat, qui s’est vendu à 10,5 millions de livres (11,7 millions d’euros), soit le plus beau score de la soirée. De quoi dépasser d’un pouce Gerhart Richter, dont le tableau Garten a quant à lui été adjugé 10,2 millions de livres (11,3 millions d’euros). Une belle performance pour Sotheby’s.

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