Bloomberg donne des nouvelles de l’affaire qui oppose Yves Bouvier et Dmitri Rybolovlvev sous la plume de Katya Kazakina et Hugo Miller. On apprend notamment que le milliardaire russe est actuellement en train de revendre une partie de sa collection, pour des montants bien moins importants que ceux qu’il avait payés pour ses toiles de Klimt, Monet ou Picasso.

Début 2015, Rybolovlev avait accusé Yves Bouvier de l’avoir escroqué en lui surfacturant la vente de tableaux de maître. Il avait alors évoqué une marge de 500 millions de dollars. Depuis, les deux hommes se sont lancés dans une bataille judiciaire qui a connu de nombreux rebondissements. Le milliardaire semble désormais avoir décidé de mettre cette affaire derrière lui en revendant une partie des 38 œuvres chèrement acquises.

Bloomberg explique ainsi que l’oligarque a déjà vendu Otahi, une toile de Paul Gauguin qu’il avait achetée 120 millions de dollars, pour moins de 50 millions. Il s’est aussi délesté de Wasserschlangen II de Gustav Klimt, achetée 183,8 millions de dollars et revendue pour 170 millions et de L’éternel printemps de Rodin, qui lui a fait perdre 28 millions de dollars. Une preuve supplémentaire, selon le clan Rybolovlev, que les prix de Bouvier étaient abusifs.

Les ventes ne s’arrêtent pas là, puisque cinq œuvres ont été déposées chez Christie’s pour être dispersées à Londres la semaine prochaine. Il s’agit de Joueur de flûte et femme nue de Picasso, du Baiser, grand modèle de Rodin, de Te Fare (La Maison) de Gauguin, de No.1 de Mark Rothko et du Domaine d’Arnheim de Magritte. Toutes sont proposées chez Christie’s à des prix très inférieurs à ceux qui ont été payés par le milliardaire russe.

Comme le note le spécialiste du marché de l’art Marion Maneker sur Art Market Monitor, Rybolovlev aurait pu attendre que les prix augmentent, ce qu’ils ne cessent de faire pour ce genre de chefs-d’œuvre de l’art moderne, avant de se séparer de sa collection. Bloomberg évoque plusieurs raisons possibles pour cette vente. Elle vise peut-être à prouver que Bouvier a gonflé les prix de ces œuvres de manière déraisonnable et que les montants payés à l’époque ne correspondent absolument pas aux réalités du marché. La vente pourrait aussi se justifier par le divorce de Rybolovlev, qui devrait lui coûter 534 millions d’euros.

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