Les deux propriétaires de la galerie de Téhéran Aun Gallery, Karan Vafadari et Afarin Niasari sont détenus à la prison Evin depuis juillet dernier. Lors d’une audience, le juge Abolqasem Salavati a énuméré les charges retenues contre le couple. Ils sont accusés d’avoir consommé de l’alcool dans leur foyer, de s’être associés avec des diplomates étrangers, d’avoir participé à une conspiration contre la sécurité nationale et d’espionnage. La plupart de ces accusations avaient été abandonnées une première fois, faute de preuves, avant d’être réintroduite à cette dernière audience. Les autorités leur ont aussi reproché d’abriter des expositions “contraires à l’éthique” et “inappropriées”. Ils seront jugés le 17 avril prochain.

La sœur de Karan Vafadari raconte le calvaire des galeristes sur le blog Free Karan & Afarin. Elle explique notamment que les agents qui ont fouillé leur maison ont détruit certaines de leurs œuvres d’art et en ont volé d’autres. Depuis leur arrestation l’été dernier, les portes de la galerie sont restées fermées.

Depuis que la famille a rendu la nouvelle de leur arrestation publique, la communauté internationale commence à s’exprimer pour les soutenir. Roberto Toscano, l’ancien ambassadeur d’Italie en Iran, a notamment estimé dans une lettre ouverte que le couple a permis de “faire connaître la culture iranienne à de nombreux diplomates.” Ouverte en 2009, la Aun Gallery présentait en effet le travail de jeunes artistes contemporains de la région.

Sur son blog, la sœur de Karan Vafadari dénonce les soupçons qui pèsent en Iran contre les personnes ayant la double nationalité, à l’image de ce couple irano-américain. “Le gouvernement et le système judiciaire iranien pensent que la double nationalité est synonyme d’activités d’espionnage”, estime-t-elle. Roberto Toscano évoque quant à lui la répression contre l’art contemporain et contre le zoroastrisme, religion de Karan Vafadari.

Karan Vafadari et Afarin Niasari ne sont pas les seuls iraniens proches du milieu artistique à être incarcérés à la prison Evin de Téhéran. C’est dans cette dernière qu’est aussi retenue l’écrivaine Golrokh Ebrahimi Iraee, accusée d’avoir écrit une fiction sur la lapidation.

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