La toute jeune Sainsbury Gallery ouvre le bal de 400 ans d’opéra avec « Opera : Passion, Power and Politics », déclinée sous le prisme des enjeux politiques, sociaux et économiques. Coorganisé avec le Royal Opera House de Londres, les commissaires dissèquent 7 opus selon leur ville respective et leur contexte de création. La cité des Doges fait office de prélude avec « Le couronnement de Poppée » de Monteverdi (1642), Londres suit de près avec le « Rinaldo » de Haendel en 1711, Vienne en 1786 pour Les « Noces de Figaro », Milan en 1842 pour « Nabucco », Paris en 1861 pour « Tannhäuser », Dresde en 1905 avec « Salomé » de Strauss, Leningrad en 1934 avec « Lady Macbeth de Mtsensk » de Chostakovitch…

Pas moins de 300 œuvres composent les archives, avec (entre autres), une esquisse du maître Dalí pour l’opéra « Salomé » de Peter Brook en 1949 et le tableau « la musique aux Tuileries » d’Édouard Manet ou encore des partitions datant de la naissance de l’opéra, des accessoires, etc.
Muni d’un casque sur l’oreille, le spectateur est invité à déambuler dans le même état de ravissement qu’exerce une salle d’opéra. Une installation sonore à 360 degrés autour de « Nabucco » de Verdi couronne le tout (interprété par le Royal Opera Chorus). À la fois immersive et sensorielle, l’exposition offre une mise en abyme de ce que pourrait être l’œuvre d’art total au XXème siècle. Wagner, en précurseur, rêvait d’une « œuvre d’art de l’avenir ».

La symbiose des arts a le vent en poupe, comme l’illustre l’émergence d’expositions synthétisant différents médias. En témoignage, l’influence qu’opère le théâtre sur les arts plastiques au XXème siècle, fut l’objet d’une exposition au Macma de Barcelone (« Un teatre sense teatre », sous la lumière des commissaires Yann Chateigné et Bernard Blistène). D’ailleurs, le Centre Pompidou (que dirige ce dernier) réitère à maintes reprises l’exercice de la pluridisciplinarité (l’art et la danse, les arts visuels et la musique, sons et lumières…).
En ce moment, le musée du Louvre, lui aussi, tisse le lien aigu entre théâtre et pouvoir, tandis que la Philharmonie et la Seine Musicale orchestrent des rétrospectives avec deux divas d’un art dit absolu… « Barbara » pour la première et « Maria by Callas » pour la seconde.

Avec « Opera : Passion, Power and Politics », le Victoria Albert Museum suit donc cette trame d’un art absolu en y soulevant ses caractéristiques : la catharsis, l’hubris, le caractère sublime, la fougue… La mise en exergue de ces entités permet au spectateur de traverser les jalons d’une œuvre d’art total, en y sollicitant ses sens et en fusionnant l’art et la vie.

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