Depuis novembre dernier, une exposition d’œuvres de l’artiste allemand Anselm Kiefer au Central Academy of Fine Arts Museum (CAFA) de Pékin fait polémique. Le 16 novembre dernier, trois jours avant l’ouverture de Anselm Kiefer: Coagulation, l’artiste avait publié un communiqué de presse dans lequel il expliquait ne jamais avoir approuvé son organisation. “Tout au long de ma carrière j’ai été très impliqué dans les grandes expositions internationales consacrées à mon œuvre, écrivait-il alors. Cela me cause beaucoup de frustration et de regrets de savoir que les organisateurs de ma première rétrospective en Chine ont voulu m’exclure de ce processus”. L’artiste appelait alors à l’annulation de l’événement.

Suite aux protestations de Kiefer, le musée s’était défendu sur son site internet en expliquant que les 87 œuvres montrées avaient été prêtées par des collectionneurs, notamment par Maria Chen Tu, et que leur exposition ne posait aucun problème légal. Selon le CAFA, un accord avait été signé. Les représentants du musée chinois avaient cependant mis en cause Bell Art Center, qui organisait l’exposition du côté allemand. Selon l’institution chinoise, ils n’avaient pas su gérer la communication avec Anselm Kiefer.

Ces questions avaient lancé un débat sur la légitimité d’organiser une exposition sans l’autorisation du principal concerné. “Le public chinois est très important pour moi, expliquait Kiefer au moment des faits, et j’espère que j’aurai l’occasion de développer une vraie rétrospective de mon œuvre là-bas dans le futur.” Les trois galeries qui représentent l’artiste, Gagosian, Thaddaeus Ropac et White Cube s’étaient eux aussi exprimés pour contester le maintien de l’exposition.

Un mois après la fermeture de Anselm Kiefer: Coagulation, le scandale ne diminue pas. Georgina Adams de The Art Newspaper relaie ainsi la colère de la commissaire d’exposition allemande Beate Reifenscheid. “Les commissaires d’exposition doivent respecter l’artiste mais ils doivent aussi travailler pour le bénéfice du public, estime-t-elle. Si tous les artistes et leurs galeristes pouvaient contrôler quand, où et pourquoi leur art est exposé après avoir été vendu, cela ne servirait pas l’intérêt général.” Le représentant de Bell Art Montieth Illingworth a quant à lui affirmé que les intérêts commerciaux avaient entravé la “liberté” des commissaires d’exposition. Cité par *The Art Newspaper*, il a affirmé que les galeries craignaient “que cette exposition interfère dans leur stratégie commerciale” élaborée pour Kiefer sur le marché asiatique.

Thaddaeus Ropac a balayé l’argument d’un revers de main, expliquant que l’exposition n’aurait pas pu avoir d’impact négatif sur le marché de Kiefer en Chine, mais qu’il souhaitait simplement respecter la volonté de l’artiste. Cette affaire est donc loin d’être résolue et elle pourrait marquer la fin de cette exposition, qui devait voyager dans trois autres villes chinoises après s’être terminée début janvier au CAFA.

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