Le collectif anarchiste de street artists INDECLINE a causé une certaine agitation ce matin dans cinq villes des États-Unis (Los Angeles, San Francisco, Seattle, Cleveland et New York) en déposant des statues du candidat républicain Donald Trump nu. L’œuvre a intrigué les passants qui n’ont pas hésité à se prendre en photo avec cette version trash de l’homme d’affaire.

La statue représente Trump debout, les mains croisées sur le ventre et le corps parcouru de vergetures. Titrée The Emperor has no Balls, en référence au conte d’Andersen The Emperor’s New Clothes, elle ne fait pas de cadeaux à son modèle. Sur le socle des statues figure le nom de l’artiste Ginger. Habitué à fabriquer des monstres pour des maisons hantées, il a tout de suite semblé être le choix parfait pour ce projet, comme il l’explique dans les pages du Washington Post. Il a travaillé des heures sur cette statue de 136 kilos en argile et en silicone. À New York, l’œuvre a été retirée une poignée d’heures après son installation.

“Qu’on le veuille ou non, Trump est une figure plus grande que nature”, a témoigné la porte parole de INDECLINE au Washington Post. À travers ce travail, le collectif a voulu faire référence aux immenses statues qui, tout au long de l’histoire, ont participé à alimenter le culte de la personnalité des dictateurs du monde entier.

Trump et le “protest art”

Depuis plusieurs mois, Donald Trump a inspiré de nombreuses œuvres à des artistes américains. Le site Hyperallergic allait jusqu’à se demander en juillet si sa candidature n’allait pas donner une seconde jeunesse au “protest art” et insuffler un élan plus politique à l’art américain.

Parmi les œuvres récentes dévoilées outre-Atlantique, on peu noter #Bloody Trump, une œuvre féministe de Sarah Levy peinte avec le sang de ses menstruations, qui visait à dénoncer la misogynie de l’homme politique. En juillet dernier, deux artistes ont quant à eux commencé à construire un mur symbolique à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, en réponse aux promesses de campagne du candidat républicain. Le collectif t.Rutt a acheté un bus de campagne de Trump et a effacé son slogan “Make America Great Again” pour écrire “Make Fruit Punch Great Again”.

Les dessins et autres peintures le représentant et circulant ces derniers mois insistent sur son culte de la personnalité et en font une figure tendant vers le grotesque. Une chose est sûre, à quelques mois de l’élection présidentielle américaine, les artistes ont décidé de peser dans le débat national.

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