Depuis quelques années, les plus grandes foires internationales essaient de s’imposer à New York. C’est le cas de la TEFAF, qui s’exportait pour la première fois à Manhattan au début du mois de mai et de 1:54, qui fêtait récemment sa troisième édition new-yorkaise. La Frieze New York est quant à elle revenue pour la sixième fois du 5 au 7 mai à Randall’s Island Park. Plus de 200 galeries venues de 30 pays se sont rendues à New York pour la version américaine de la célèbre foire britannique, dirigée par Victoria Siddall. Deux semaines avant les grandes ventes aux enchères new-yorkaises, qui proposeront pour 1,3 milliards de dollars d’œuvres d’art selon le Telegraph, comment s’est déroulé ce grand rendez-vous ?

Des ventes solides

Depuis les attentats, les américains ont tendance à bouder les foires européennes. Il semblerait que l’inverse soit vrai, puisque tous les médias américains notent que très peu de collectionneurs ont traversé l’Atlantique pour la Frieze. Les galeristes interrogés par Artinfo notent qu’ils n’ont vendu qu’à un public américain. La faute, sans doute, à un mois de mai particulièrement chargé, entre la Biennale de Venise et les grandes ventes modernes et contemporaines décalées autour du 15 mai.

Artinfo liste une série de ventes qui démontrent que la faible présence européenne n’a rien enlevé au dynamisme de l’événement. Thaddaeus Ropac a ainsi vendu une toile très récente de Robert Longo pour 550 000 dollars ainsi qu’un Baselitz au même prix. La galerie Lisson a vendu une œuvre d’Anish Kapoor pour un peu plus d’un million de livres sterling. La galerie Jack Shainman a cédé quant à elle une tapisserie de l’une des stars du marché contemporain, El Anatsui, pour 1,1 millions de dollars. Artnet souligne aussi de bonnes transactions pour les galeries Mendes Wood DM, Sprüth Magers ou Hauser & Wirth.

En mars, Guillaume Piens d’Art Paris Art Fair nous avait expliqué que le marché avait tendance cette année à regarder en arrière, et à développer un intérêt pour la redécouverte d’artistes du passé. (Voir Guillaume Piens d’Art Paris Art Fair : “Nous voulons montrer qu’il y a une grande pluralité artistique en Afrique”) Il semble que cela ait été confirmé à la Frieze avec le succès d’artistes comme Peter Young, qui a produit la majorité de ses œuvres dans les années 60 et 70. Artnet note aussi une forte présence d’œuvres des années 80 et 90 qui n’ont pas encore de reconnaissance institutionnelle.

Des œuvres politiques

Qu’en était-il du contenu ? La presse américaine note une foire marquée par des œuvres et des accrochages faisant allusion au climat politique actuel. La galeriste française Nathalie Obadia a notamment fait sensation en accrochant le portrait de Donald Trump, réalisé par Andres Serrano il y a une dizaine d’années, à côté de celui d’un migrant mexicain. L’artiste les avait photographiés dans le cadre d’une série documentant l’état du pays après le 11 septembre.

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La galerie Thaddaeus Ropac exposait quant à elle un portrait du président américain, President-Elect Trump, peint par Yan Pei-Ming. La galerie Cheim & Read a de son côté choisi de rendre hommage à la “Women’s March”, cette grande marche qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à Washington au lendemain de l’investiture de Donald Trump. Sur le stand, des œuvres roses évoquaient les valeurs féministes du mouvement ainsi que le bonnet porté par les marcheuses.

La Frieze n’a pas fait l’impasse sur ces œuvres décalées qui font le bonheur des visiteurs avides d’alimenter leur Instagram. Artnews note ainsi la présence d’un stand du collectif Opavivará!, qui vendait pendant la foire des glaces en forme de visages pour 20 dollars. Artnet a été marqué par la jeune Anaïs de Contades dont la performance (The New Rebellion Is Romantic) consistait à se promener dans la foire habillée seulement d’une toile peinte et roulée autour de ses épaules. Selon Hyperallergic, l’œuvre la plus perturbante était sans conteste celle de l’artiste Dora Budor qui, dans le cadre de Frieze Projects, a embauché des acteurs ressemblant à Leonardo DiCaprio pour se balader dans la foire. Ce dernier étant bien sûr connu non seulement pour ses rôles au cinéma, mais aussi pour ses activités de collectionneur. Ses sosies ont dû donner bien des fausses joies aux galeristes new-yorkais.

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