Le 23 juin prochain, un referendum est organisé en Grande-Bretagne autour du « Brexit » (de « British Exit »), à savoir la possible sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. À plus de deux semaines de l’échéance, le monde de l’art s’agite de l’autre côté de la Manche.

Les prises de parole se multiplient dans les médias autour du Brexit. Galeristes, artistes et directeurs d’institutions débattent dans les pages du Guardian. Le 21 mai, le directeur du Victoria & Albert Museum de Londres, Martin Roth, tirait notamment la sonnette d’alarme dans les pages Monopol en affirmant que Londres pourrait perdre sa place prédominante sur la scène artistique mondiale. Il prévoyait alors une fuite culturelle de Londres à Berlin suite au « désastre » du « Brexit ». « J’imagine que Berlin gagnerait beaucoup d’importance, expliquait-il alors. Les visiteurs du musée viennent de partout en Europe. Est-ce qu’ils continueraient à faire ce voyage? » Le directeur de la National Gallery a avancé les mêmes arguments que son confrère dans un entretien au Guardian.

Il ne sont pas les seuls à défendre ce point de vue. Près de 300 personnalités britanniques influentes dans le domaine de la culture ont signé une pétition pour rester dans l’Union Européenne. Parmi les noms célèbres on compte Anish Kapoor, Tracey Emin ou encore Martin Parr. Le texte accompagnant la pétition explique que de nombreux projets artistiques n’auraient pas pu voir le jour sans la collaboration d’institutions outre-Manche ou sans les financements de l’Union Européenne. Tous craignent que Londres perde sa place dominante sur le marché de l’art européen et que le « Brexit » nuise notamment aux foires britanniques comme Frieze. C’est le point de vue défendu par Pierre Valentin dans le magazine d’art Apollo. Il ajoute que la sortie de l’Union Européenne pourrait aussi avoir un impact négatif sur les branches londoniennes des maisons de vente aux enchères comme Christie’s et Sotheby’s, qui ont des collaborateurs partout en Europe.

Les affiches de Wolfgang Tillman contre le “Brexit”

Certains artistes ont par ailleurs commencé à intégrer cette notion dans leurs œuvres. C’est notamment le cas de Tacita Dean qui a confié au Guardian suivre ce débat avec « horreur ». « Je me suis toujours considérée comme européenne avant d’être britannique » a expliqué l’artiste, qui vit depuis 15 ans à Berlin. Pour protester contre le « Brexit », elle a commencé à travailler sur des affiches inspirées du référendum et de la Tempête de Shakespeare. Une Tempête fabriquée de toutes pièces que, selon elle, David Cameron ne peut pas contrôler.

Le photographe Wolfgang Tillman a lui aussi intégré le Brexit dans son travail. Il propose sur son site des affiches que chacun peut télécharger gratuitement et qui font référence à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne. « What is lost is lost forever » (« ce qui est perdu l’est pour toujours ») peut-on lire sur l’une de ses photographies. « L’Europe est une famille » (« We are the European Family ») inscrit-il sur l’un de ses paysages. Une chose est sûre, les artistes britanniques retiendront leur souffle jusqu’au 23 juin prochain.

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