Chaque année au mois de juin, le monde de l’art se presse à Bâle pour prendre part à la frénésie d’Art Basel. Désormais, les collectionneurs ajoutent à leur calendrier un second passage par la Suisse, du 26 au 29 janvier, pour visiter Artgenève. Un rendez-vous qui, en six ans, a su attirer les institutions, les amateurs d’art et des galeries de plus en plus prestigieuses.

Un dialogue avec les institutions

Son directeur, Thomas Hug, est bien conscient des enjeux actuels d’un tel salon. “Les collectionneurs se posent des questions, explique ce dernier. Ils voyagent à travers le monde pour visiter des foire et ils ont tendance à voir la même chose partout.” Pour pallier à cette lassitude, Artgenève mise sur des partenariats ambitieux avec des institutions de la région. “Les collectionneurs viennent à la fois pour les galeries qu’ils connaissent, mais aussi pour tous ces projets” conclut-il.

L’année dernière par exemple, les organisateurs du salon ont décidé de faire un “saut qualitatif” pour contrer la crise ambiante. Ils ont ainsi commandité la plus grande œuvre d’art jamais réalisée en Suisse : une fresque de quarante mètres de Sol LeWitt. Un travail qui a pris des semaines. Cette année c’est un projet “digne d’un musée” qui prendra le relai, une installation lumineuse de 2000m2 de l’artiste américain Anthony McCall. “Le genre de choses que l’on peut voir à Art Basel Unlimited en encore plus grand”, se réjouit Thomas Hug.

artgenève

Artgenève 2016, The Estate Show, Wall Drawing, Sol Lewitt © 3D Vision

La prestigieuse fondation Beyeler, qui expose habituellement à la foire de Bâle, a elle aussi accepté d’être présente à Artgenève pour célébrer ses vingt ans, aux côtés du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève (FMAC), du Centre de la Photographie de Genève et d’institutions étrangères (ICA, Istituto Svizzero di Roma…). Le Musée d’art moderne et contemporain de la ville (MAMCO) fera quant à lui des acquisitions sur le salon et les présentera au fur et à mesure sur son stand. “C’est une manière très claire de montrer aux gens le lien intime entre le musée et le salon”, explique Thomas Hug. Pour lui, c’est dans cette relation dynamique avec les institutions que pourrait se nicher le futur des foires d’art moderne et contemporain.

Un ancrage régional

La qualité de ces expositions institutionnelles et les bons chiffres de vente des galeries présentes ont attiré, au fur et à mesure, de plus en plus de grands noms à Artgenève. Ainsi cette année, on retrouvera Malborough, Daniel Templon, Nathalie Obadia, Gagosian, Natalie Seroussi, Johann König, Franco Noero et d’autres grandes galeries dans les allées du Palexpo.

Mais Thomas Hug tient aussi à respecter deux de ses principes : garder une taille humaine, autour de 80 galeries et, comme pour les institutions, honorer la scène suisse. “Nous tenons à garder une bonne proportion de galeries régionales au sein d’Art Genève, explique-t-il. Nous ne voulons pas devenir comme ces foires internationales qui n’ont plus de place pour les enseignes locales. Les collectionneurs sont aussi là pour découvrir de nouvelles choses.”

Ainsi, certaines adresses suisses participeront pour la première fois à l’événement, notamment la galerie Francesca Pia de Zürich. Des galeries françaises seront aussi de la partie, à l’image de la galerie Le Minotaure, qui sera présente sur le salon et dévoilera son exposition autour du salon de la Baronne d’Oettingen, qui a introduit de nombreux artistes russes à Paris dans les années 1910.

Aider les galeries de taille moyenne

Le salon a aussi à cœur de donner une place à toutes les galeries de taille moyenne qui sont en difficulté actuellement et ont tendance à se faire broyer par un système de plus en plus mondialisé. “Nous préférons refuser certaines galeries et faire en sorte que celles qui viennent aient toutes les chances de vendre” analyse le directeur.

Après cette sixième édition, où les organisateurs attendent une fréquentation plus importante que l’année dernière, Thomas Hug reprendra les préparatifs du salon Art MonteCarlo en avril prochain. Son directeur promet un programme plus ambitieux que jamais.

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