L’année dernière, nous expliquions déjà la complexité de l’authentification des œuvres d’Amadeo Modigliani (Voir La bataille autour de l’authentification des œuvres de Modigliani). Le peintre italien, disparu à l’âge de 35 ans, est un favori des faussaires, qui savent que ses toiles se vendent à prix d’or et que la documentation autour de ses œuvres est loin d’être complète. L’artiste avait en effet l’habitude d’offrir toiles et dessins sans laisser aucune trace de la transaction, ce qui rend aujourd’hui l’authentification de ses œuvres très complexe.

Une nouvelle affaire de faux vient d’éclater à Gênes, en Italie, quelques jours avant la fin de la présentation d’une rétrospective de l’œuvre du peintre au Palazzo Ducale qui a attiré plus de 100 000 visiteurs. La fondation qui organisait l’exposition a décidé de la fermer plus tôt que prévu. Les autorités de Gênes ont en effet confisqué 21 toiles qui pourraient être des faux.

“Même un enfant verrait qu’il s’agit de faux”

Dès le mois de mai, le spécialiste de Modigliani Carlo Pepi s’était exprimé dans la presse italienne pour expliquer qu’il suspectait que la rétrospective comptait pas moins de 13 faux. “Même un enfant verrait qu’il s’agit de faux” a-t-il affirmé au Telegraph. Pepi est un habitué de la question puisque c’est lui qui avait mis en lumière le canular de Livourne en 1984. À l’époque, la mairie de Livourne avait fouillé le port de la ville pour retrouver des sculptures de Modigliani. La légende racontait que le peintre les avaient jetées à l’eau, vexé par des remarques désobligeantes de ses amis. Voyant que les recherches étaient infructueuses, des étudiants avaient alors sculpté des têtes et les avaient placées dans le port. Dès le lendemain, tout le monde avait affirmé qu’il s’agissait des fameuses sculptures du peintre italien. Tout le monde sauf Pepi, conscient de la mascarade.

Un autre spécialiste de Modigliani a exprimé ses doutes quant à l’exposition de Gènes. Marc Restellini, qui travaille depuis des années sur le catalogue raisonné du peintre, a lui aussi réagi sur l’affaire, notamment sur la page Facebook de l’Institut Restellini. Il y a posté des documents de Marc Ottavi, expert de Kisling, qui affirme que les œuvres présentées dans l’exposition et attribuées à Moïse Kisling seraient aussi des faux. “Cette exposition est douteuse, écrivait-il au mois de mai sur Facebook, et j’ai dû signaler cette situation aux autorités italiennes dès que j’en ai vu le contenu. L’institut connaît ces œuvres et parce qu’il s’agit de faux, nous disposons de l’ensemble de la documentation et des éléments scientifiques pour en attester.”

Dans un communiqué, le Palazzo Ducale a expliqué qu’il “coopèrerait” pleinement avec les autorités. Reste à savoir combien d’œuvres présentées dans l’exposition seront officiellement incriminées.

Articles Similaires
Kimbell Art Museum

Une sculpture de Modigliani offerte au Kimbell Art Museum de Fort Worth

Le Kimbell Art Museum au Texas abrite dans ses collections des chefs d’œuvres de figures de l’art moderne, de Braque

Gustav Klimt

Un paysage de Klimt atteint les 48 millions de livres sterling chez Sotheby’s

Au lendemain de la vente de Christie’s (Voir Un record pour Magritte chez Christie’s), Sotheby’s a organisé sa soirée impressionniste

Musée d'art moderne de la ville de Paris modern art

6 à 8 ans de prison pour les voleurs du Musée d’art moderne de Paris

La justice a rendu son verdict concernant le vol du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Voir Le

Musée d'art moderne de la ville de Paris modern art

Le procès du voleur du Musée d’Art Moderne débute à Paris

C’est l’une des affaires de vol les plus célèbres de la décennie. En 2010, cinq toiles disparaissent du Musée d’art

Montmartre musée

Le Musée de Montmartre se dit “victime de discrimination” et porte plainte contre 56 musées d’Île-de-France

Depuis 1986, les touristes se munissant du “Paris Museum Pass” peuvent bénéficier, dans la capitale et en banlieue, de l’accès

Pin It on Pinterest